SAN MARTIN DE ALTO :

Une communauté indienne sur les hauts plateaux

 

 

Le lendemain de notre arrivée à Quito, nous prenons la route pour Riobamba. C'est dans cette ville du sud que nous tiendrons une première réunion de travail avec le responsable de la coopérative indienne (Coprobich produisant entre autre le quinoa), de la FENOCIN (confédération nationale de l’organisation indigène) et de la radio communautaire ERPE. En fin d'après midi, nous reprennons la panaméricaine direction le sud à la rencontre des communautés agricoles.

Que retenir de ce séjour dans les communautés à San Martin Alto mais aussi dans les communautés voisines de Lupaxi Chico, de Chismaute ou de San José de Tanquis ? La chaleur de l’accueil, l’adaptation au milieu en dépit de conditions de vie très rudes, des communautés très soudées, une préoccupation environnementale évidente, des connaissances traditionnelles fortement ancrées mais pas d’allergie aux nouvelles technologies (internet, gsm…) et un regard tourné vers l’avenir sans renier la tradition. Un des objectifs recherché est le développement d’un tourisme solidaire, source de revenus mais aussi de contacts et d’échanges.

Au-delà de la dimension communautaire, fortement palpable dans chacun des villages visités, il faut aussi souligner la dynamique inter-communautaire créée depuis 45 par ERPE, une radio de Riobamba qui est bien plus qu’une radio : un outil d’éducation et de promotion de la culture quechua (les 2/3 des programmes d’ERPE sont émis dans cette langue commune aux populations des montagnes d’Equateur, du Pérou et de Bolivie).

C’est à l’initiative d’ERPE qu’a été créée la coopérative Coprobich qui regroupe les producteurs de quinoa du secteur (200 familles). C’est l’association de la radio et de Coprobich qui a permis la création de Sumak Life, entreprise de transformation du quinoa qui ajoute la valeur du travail de conditionnement à la valeur de production du quinoa.

 

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Nous avons séjourné 3 jours dans la communauté de San Martin Alto, au sud de Riobamba.

Communauté n’est pas un mot usurpé car c’est tout le village qui s’est rassemblé pour nous accueillir le soir de notre arrivée ou encore pour faire la fête la veille de notre départ. Nous étions accueillis dans les familles par groupe de 2.

Le logement que je partageais avec Jean-Pierre était sommaire : des parpaings nus et un toit en tôle. A 3000 m d’altitude, quand le soleil se couche et que le temps est humide, le froid s’installe et devient difficile à combattre hors d’un bon duvet.

Certains repas étaient pris chez nos hôtes dans une maison de terre avec toit en paille. La chaleur de l’accueil compensait la rusticité des lieux. Les repas simples mais de qualité etaient très consistants dès le petit déjeuner : riz et pâtes en bouillon, viande !

La communauté de San Martin Alto est animée par une équipe dynamique de jeunes adultes présidée par Guillermo. La priorité est de maintenir et développer une agriculture de subsistance, résolument biologique afin de préserver la richesse des sols et la diversité des plantes natives dont aucune espèce n’est jamais négligée.

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Nous avons été impressionnés par la connaissance des plantes, de leurs besoins en matières organiques, de leurs apports pour le sol. Bref une agriculture raisonnée et parfaitement adaptée à son environnement fait de petites parcelles, de fortes pentes, de très peu de moyens mécaniques car même la traction animale est parfois un luxe.

L’élevage, porcs, bovins, moutons et parfois lamas, concourt à la fertilisation des sols et au labourage naturel des parcelles. Il est toujours un complément géré de façon mesurée et en aucun cas source de déséquilibre ou de pollution.

En dehors des cultures de subsistance (orge, légumes, tubercules divers, plantes médicinales ou aromatiques) qui sont donc l’activité prioritaire, la culture phare est le quinoa, plante traditionnelle, rustique et adaptée au climat, riche en protéine et… d’une grande beauté ! Les plants de quinoa peuvent atteindre 1,50 m, les couleurs se mélangent dans une même parcelle, parfois sur un même pied : du vert au jaune foncé et du rose au violet. Dans la lumière très particulière des hauts plateaux, l’effet est splendide et digne de très grands tableaux !

Nous avons tout vu (ou presque) du cycle de culture de la quinoa : labourage avec des bœufs et semis à la main, champs à différents degrés de maturité, récolte à la faucille, séparation des graines par frottement manuel des épis sur de pierres, vannage manuel et conditionnement/ensachage pour l’exportation.

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Moisson et vannage dans l a communauté de Lupaxi Chico

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Fêtes danse et repas dans la communauté de Chismaute

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Travaux communautaires dans le village de San José de Tanquis.

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A l'aube du quatrième jour, après une visite de Sumak Life, l'entreprise de conditionnement du quinoa, le brouillard et la pluie nous prive de la visite des flancs du Chimborazo qui culmine à 6310 m d'altitude.

Après une nuit à Riobamba nous reprenons la route pour Apuela via Quito et Otavalo dans le nord du pays (8 heures de route et de piste).